Aucun diplôme n'est requis pour devenir assistante maternelle. Découvrez la formation obligatoire de 120 heures, les dispenses possibles et les compétences essentielles.
Non, aucun diplôme n'est obligatoire pour devenir assistante maternelle. Ni le CAP Accompagnant Éducatif Petite Enfance (AEPE), ni le diplôme d'auxiliaire de puériculture, ni aucune autre certification ne sont exigés pour déposer une demande d'agrément auprès du Conseil départemental. Le métier est ouvert à toute personne majeure (21 ans minimum), quelle que soit sa formation initiale.
En revanche, une fois l'agrément obtenu, une formation obligatoire de 120 heures — entièrement gratuite et financée par le département — devra être suivie avant et pendant les premières années d'exercice. C'est cette formation, et non un diplôme préalable, qui garantit les compétences nécessaires à l'accueil des enfants.
La formation n'est qu'une des étapes de votre projet : retrouvez toutes les démarches dans notre guide complet sur l'assistante maternelle.
La formation obligatoire de 120 heures : comment ça se passe ?
La formation initiale est organisée et financée par le Conseil départemental, via les services de la Protection Maternelle et Infantile (PMI). Elle est entièrement gratuite pour la future assistante maternelle. Son contenu est défini au niveau national et couvre l'ensemble des compétences nécessaires à l'accueil du jeune enfant : développement de l'enfant, sécurité et prévention, nutrition et hygiène, positionnement professionnel, relation avec les parents.
La formation se découpe en deux phases distinctes, avec une logique progressive : acquérir les bases avant d'accueillir le premier enfant, puis consolider les acquis en cours d'exercice.
Les 80 premières heures (avant tout accueil)
Ces 80 heures doivent être réalisées avant d'accueillir le premier enfant. Elles constituent le socle indispensable pour démarrer l'activité en toute sécurité. Le département dispose d'un délai de 6 mois (8 mois dans les départements délivrant plus de 100 agréments par an) à compter de la réception du dossier complet pour organiser cette première phase.
Le programme couvre trois grands axes : le rôle de l'assistante maternelle et son positionnement dans les dispositifs d'accueil du jeune enfant, les besoins fondamentaux de l'enfant (sécurité affective, développement psychomoteur, alimentation, sommeil), et les aspects relationnels avec les familles.
À l'issue de ces 80 heures, une évaluation des acquis est organisée. La réussite de cette évaluation conditionne la délivrance de l'attestation de validation, qui vaut autorisation d'exercer. En cas d'échec, une seconde évaluation peut être organisée, toujours financée par le département. Si cette seconde tentative échoue, l'agrément peut être suspendu.
Obligatoire avant le premier accueil : en parallèle de ces 80 heures, la formation aux Premiers Secours Civiques de niveau 1 (PSC1), avec un module spécifique « petite enfance et prévention des risques domestiques », doit également être validée. Sans cette certification, l'assistante maternelle ne peut pas commencer à accueillir d'enfants.
Les 40 heures restantes (dans les 3 ans)
Les 40 heures complémentaires sont suivies en cours d'emploi, dans un délai de 3 ans à compter de l'accueil du premier enfant. Cette seconde phase permet d'approfondir les acquis de la première partie à la lumière de l'expérience de terrain.
Un point important : ces 40 heures préparent aux épreuves EP1 et EP3 du CAP Accompagnant Éducatif Petite Enfance (AEPE). La présentation à ces épreuves est une condition pour le renouvellement de l'agrément. Il n'est pas nécessaire de les réussir, mais il faut s'y être présenté. Toutefois, réussir ces épreuves permet d'obtenir un renouvellement d'agrément de 10 ans (au lieu de 5 ans), ce qui constitue un vrai avantage.
Pendant cette phase, si l'assistante maternelle est déjà en activité, son employeur continue de la rémunérer normalement. Le département organise l'accueil temporaire des enfants habituellement gardés pendant les heures de formation.
Dispenses : qui n'a pas besoin de suivre la formation ?
Certains professionnels déjà diplômés dans le domaine de la petite enfance bénéficient de dispenses partielles ou totales de la formation de 120 heures. Voici les principaux cas :
Les titulaires du CAP Accompagnant Éducatif Petite Enfance (AEPE) — anciennement CAP Petite Enfance — sont dispensés du bloc 1 de la formation (« Accompagner le développement du jeune enfant »). Ils doivent toutefois suivre les blocs 2 et 3, qui portent spécifiquement sur l'exercice en accueil individuel.
Les titulaires du Diplôme d'État d'auxiliaire de puériculture (DEAP) bénéficient d'une dispense totale de la formation initiale de 120 heures, ainsi que de la présentation aux épreuves du CAP AEPE pour le renouvellement de l'agrément.
Les titulaires du Diplôme d'État d'éducateur de jeunes enfants (DEEJE) bénéficient également d'une dispense totale, leur qualification étant considérée comme supérieure au niveau requis.
Les titulaires du titre professionnel « Assistant maternel / Garde d'enfants » délivré par IPERIA (certification de branche inscrite au RNCP) bénéficient de dispenses selon les blocs de compétences validés. Ce titre ouvre également droit à une majoration de 4 % du salaire minimum conventionnel.
Bon à savoir : même en cas de dispense, la certification PSC1 reste obligatoire et doit être à jour. Par ailleurs, la Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) peut être mobilisée par des personnes ayant une expérience significative dans la garde d'enfants, pour obtenir tout ou partie du CAP AEPE sans repasser par la formation classique.
Au-delà du diplôme : quelles sont les compétences pour être assistante maternelle ?
Si l'absence de diplôme préalable lève un frein majeur à l'entrée dans le métier, les compétences exigées au quotidien n'en sont pas moins élevées. L'agrément et la formation ne suffisent pas : le métier requiert un socle solide de qualités humaines et de savoir-faire pratiques.
La patience et la bienveillance sont au coeur du métier. Accompagner des enfants de quelques mois à 6 ans dans leurs apprentissages, gérer les pleurs, les conflits entre enfants, les périodes d'adaptation — tout cela demande un calme et une constance à toute épreuve.
L'organisation et la rigueur sont indispensables pour gérer simultanément plusieurs enfants d'âges différents, planifier les repas, les siestes, les activités d'éveil, tout en assurant la gestion administrative (contrats, déclarations Pajemploi, suivi des présences).
La communication avec les parents est un pilier de la relation de confiance. Savoir faire un retour de journée constructif, aborder sereinement les sujets délicats (alimentation, sommeil, comportement), rester professionnelle dans les échanges — ces compétences relationnelles s'acquièrent avec l'expérience mais doivent être présentes dès le départ.
L'aménagement sécurisé du domicile est une obligation permanente : cache-prises, barrières d'escalier, rangement des produits dangereux, espace de jeu adapté. Le logement est inspecté lors de la visite d'agrément et régulièrement contrôlé par la PMI.
Être patient et organisé est vital, car la réalité de la profession comporte des défis — n'hésitez pas à consulter les avantages et les inconvénients du métier d'assistante maternelle pour vous projeter concrètement.
Une fois votre agrément obtenu et vos 80 premières heures validées, vous pourrez accueillir votre premier enfant et signer votre premier contrat. Pour déterminer votre rémunération, consultez notre dossier sur le tarif et le salaire d'une assistante maternelle.
