Étapes, documents, statut juridique et financement : le guide complet pour ouvrir une Maison d'Assistantes Maternelles (MAM) en 2026.
Une Maison d'Assistantes Maternelles (MAM) permet à 2, 3 ou 4 assistantes maternelles agréées de regrouper leur activité dans un local commun, tout en conservant leur statut de salariées des parents. Résultat : plus de confort pour exercer, moins d'isolement, et un cadre plus stimulant pour les enfants — sans pour autant devenir une crèche.
Voici ce que vous devez savoir si vous envisagez d'ouvrir ou de rejoindre une MAM. Pour en savoir plus sur le fonctionnement général d'une MAM, consultez notre panorama de la Maison d'Assistantes Maternelles.
Qu'est-ce qu'une MAM exactement ?
Une MAM est un lieu d'accueil collectif dans lequel des assistantes maternelles agréées exercent ensemble, dans un local dédié qui n'est pas leur domicile personnel. Chaque assistante reste individuellement employée par les parents des enfants qu'elle accueille, avec son propre contrat de travail et ses propres déclarations Pajemploi.
Ce qui distingue la MAM de la crèche familiale :
| Critère | MAM | Crèche familiale |
|---|---|---|
| Nombre d'enfants max. | 16 (4 × 4 max.) | Variable selon la structure |
| Local | Loué en commun | Fourni par la collectivité |
| Coût pour les parents | Similaire à une assmat classique (CMG applicable) | Tarif calculé sur quotient familial |
À retenir : En MAM, vous restez assistante maternelle agréée. Votre agrément est individuel, délivré par la PMI, et vous continuez à signer vos propres contrats avec chaque famille.
Les avantages d'une MAM
Pour les assistantes maternelles :
- Rompre l'isolement : exercer avec des collègues au quotidien, partager les observations sur les enfants, s'entraider lors des absences.
- La délégation d'accueil : si une associée est absente (maladie, formation), elle peut déléguer ses enfants aux autres, dans la limite de 4 enfants par professionnelle.
- Un cadre de travail plus adapté : local dédié, espace de jeu plus grand, matériel partagé, sorties plus faciles à organiser.
- Une meilleure visibilité : une MAM attire souvent plus facilement les familles qu'une assistante isolée.
Pour les enfants :
- Socialisation avec un plus grand groupe d'enfants
- Activités plus variées grâce à des ressources mutualisées
- Continuité de l'accueil en cas d'absence de l'une des professionnelles
Les inconvénients à anticiper
- La gestion collective : les décisions se prennent à plusieurs (loyer, règlement intérieur, matériel). Cela demande une vraie entente entre associées.
- Le coût du local : loyer, assurance, charges, mise aux normes PMI — comptez entre 600 € et 1 500 €/mois selon la région et la surface, à diviser entre les associées.
- La surface minimale : la PMI exige généralement 5 à 7 m² par enfant accueilli simultanément, soit souvent 60 à 100 m² pour une MAM de 4 professionnelles à plein agrément.
- La complexité administrative à l'ouverture : rédaction d'un règlement de fonctionnement, d'une convention MAM, déclaration en mairie, visite PMI du local.
Combien d'enfants peut accueillir une MAM ?
Chaque assistante maternelle en MAM conserve son agrément individuel. La plupart des agréments autorisent l'accueil de 4 enfants simultanément. Une MAM de 4 professionnelles peut donc accueillir jusqu'à 16 enfants en même temps.
La délégation d'accueil permet à une associée de garder temporairement les enfants d'une collègue absente, dans la limite de son propre plafond d'agrément.
Point de vigilance : Pour bénéficier de la délégation d'accueil, elle doit être explicitement prévue dans la convention MAM et dans chaque contrat de travail signé avec les parents. Sans cette clause, la délégation n'est pas légalement possible.
Comment ouvrir une MAM : les étapes clés
1. Trouver des co-associées
Il faut être entre 2 et 4 assistantes maternelles agréées (ou en cours d'agrément). L'entente personnelle et professionnelle est essentielle : vous allez partager un espace de travail et des charges financières au quotidien.
2. Trouver et sécuriser un local
Le local doit être conforme aux normes sanitaires et de sécurité. Il ne peut pas être le domicile de l'une des associées. Avant de signer un bail, faites-le valider informellement par la PMI pour éviter les mauvaises surprises.
3. Rédiger la convention MAM
Ce document fixe les règles de fonctionnement entre associées : répartition des charges, règles en cas d'absence, délégation d'accueil, modalités de sortie d'une associée. La MAM n'ayant pas de personnalité juridique propre, c'est ce document qui sécurise les relations entre professionnelles.
4. Déclarer la MAM en mairie
Une déclaration auprès du maire de la commune est obligatoire avant l'ouverture, via le formulaire cerfa n°13463. Elle doit être déposée au moins 3 mois avant l'ouverture.
5. Passer la visite de la PMI
La PMI visite le local et vérifie que chaque associée dispose bien d'un agrément valide. Elle précise également le nombre maximum d'enfants pouvant être accueillis dans ce local spécifique.
6. Rédiger le règlement intérieur
Document obligatoire remis à chaque famille, il précise les horaires, les modalités de délégation, les règles sanitaires et les procédures d'urgence.
Le contrat de travail en MAM : ce qui change
Le contrat de travail reste signé entre chaque parent et son assistante maternelle référente. Mais il doit impérativement comporter une clause de délégation d'accueil si vous souhaitez pouvoir confier les enfants à une collègue en cas d'absence.
Le salaire, les indemnités d'entretien et les déclarations Pajemploi fonctionnent exactement comme pour une assistante maternelle exerçant à domicile. La MAM n'est pas un employeur.
Pour les détails sur le contrat type et ses clauses obligatoires, consultez notre guide sur le contrat d'assistante maternelle.
MAM vs crèche : ce que ça change pour les parents
Du côté des familles, une place en MAM fonctionne comme une place chez une assistante maternelle classique : les parents sont l'employeur, déclarent via Pajemploi et perçoivent le CMG. Le coût est donc similaire à celui d'une assistante maternelle individuelle.
La crèche, elle, relève d'un établissement géré par une collectivité ou une association, avec des tarifs calculés en fonction du quotient familial CAF.
Pour comparer les deux options en détail, consultez notre dossier assistante maternelle ou crèche.
Questions fréquentes sur les MAM
Une MAM peut-elle accueillir des enfants en situation de handicap ?
Oui, si l'assistante maternelle a reçu une formation adaptée et que l'agrément PMI le prévoit. Des dispositifs d'aide existent (AEEH, aide humaine) pour accompagner les familles concernées.
Faut-il créer une association pour gérer une MAM ?
Non. La MAM n'a pas de personnalité juridique propre. Les associées peuvent toutefois créer une association (loi 1901) ou une SCI pour gérer le bail du local, mais ce n'est pas une obligation légale.
Peut-on rejoindre une MAM déjà existante ?
Oui, à condition que les associées soient d'accord, que la nouvelle professionnelle soit agréée, et que la convention MAM soit mise à jour. Une nouvelle déclaration en mairie peut être nécessaire.
Que se passe-t-il si une associée quitte la MAM ?
Elle récupère ses familles et continue d'exercer à son domicile ou cherche un autre cadre. Les autres associées peuvent maintenir la MAM si elles sont au minimum 2. La convention MAM doit prévoir ce cas de figure dès sa rédaction.
Quel est le statut juridique d'une MAM ?
La MAM n'a pas de personnalité morale. C'est une organisation de fait entre professionnelles indépendantes. Les contrats, les salaires et les obligations sociales restent individuels. C'est une des grandes différences avec une micro-crèche, qui est une structure dotée d'un statut juridique propre.
Pour approfondir votre projet, retrouvez l'ensemble des étapes du métier dans notre guide complet de l'assistante maternelle.






